Lustre au chevalier, Jean-François Théodore GECHTER

La redécouverte de la culture médiévale au XIXe siècle va générer la création d’un style emprunt d’historicisme que l’on qualifiera d’esprit « Troubadour ». Initié par la littérature avec Walter Scott, puis la peinture, avec François Fleury-Richard ou Pierre Revoil ce courant intellectuel va rapidement s’imposer dans les arts décoratifs.

Ce lustre « au chevalier en armure » illustre parfaitement cette volonté de réappropriation historique dans les arts qui correspond au mouvement royaliste et nationaliste de la duchesse de Berry. Surplombant des trophées avec masses d’armes, hallebardes, boucliers, massues, torches et trompettes, le chevalier en armure est très proche du naturalisme impulsé par les œuvres de Frémiet. Ce lustre est à rapprocher de ses célèbres Jeanne d’Arc et Saint Michel terrassant le dragon.

Lustre à neuf bras de lumière en appliques sur des trophées d’armes chevaleresques, encadrant un chevalier en armure portant une oriflamme.

Bronze à patine argentée
Travail français, vers 1870
H : 95 cm ; D : 60 cm

Grands candélabres de Jean-François Théodore GECHTER

Attribué à Nicolas-Germain Charpentier (1807-1864), d’après Jean-François Théodore
Gechter (1796-1844)

Paires de grands candélabres ornés de trophées d’armes chevaleresques.
Bronze patiné, doré et argenté, et marbre. Redorure, réargenture et nettoyage récents. Travail français, 1ère moitié du XIXème siècle
Hauteur : 74 cm Largeur : 28 cm

Lustre Les Captifs

Attribué à Nicolas-Germain Charpentier (1807-1864), d’après Jean-François Théodore Gechter (1796-1844)
Lustre à 18 lumières figurant 3 captifs en son centre et symbolisant la victoire de Rome sur la Gaulle
Bronze doré et bronze patiné.
Travail français première moitié du XIXème siècle
Hauteur: 110 cm Diamètre: 100 cm

Paires de Candélabres et de Bougeoirs aux trophées

Nicolas-Germain Charpentier (1807- 1864), d’après Jean-François Théodore Gechter (1796-1844),
Bronze à patine dorée et argentée
France, vers 1850
Candélabres: Ht: 49 cm; D: 22 cm Bougeoirs: Ht: 33 cm; D: 12 cm

Deux paires de candélabres et bougeoirs ornés de trophées d’armes chevaleresques. Sur un des thèmes favori de Getchter, ces objets font partie d’une déclinaison dont font partie entre autres des flambeaux présentés au Louvre.

Jean François Théodore Gechter

Né à Paris en 1796, Théodore Gechter suit tout d’abord les cours de l’École des Beaux-Arts où il a pour maîtres François Joseph Bosio, sculpteur, et le peintre Antoine Jean Gros. Condisciple de Barye dans ces ateliers, il se spécialise dans la sculpture vers 1820 et expose au Salon de 1824 à 1840. Sa première commande publique est celle de la fonte du groupe de Charles Martel. En 1834, il récolte une médaille de deuxième classe grâce au groupe de la Bataille d’Aboukir. Puis, il prend part aux travaux de l’Arc de Triomphe où il exécute un bas-relief représentant la Bataille d’Austerlitz. À la suite de cette commande, on lui décerne la Légion d’Honneur le 2 avril 1837. On lui doit aussi les deux statues du Rhin et du Rhône pour la fontaine Nord de la place de la Concorde réalisée en 1839. La même année, une commande royale lui demande la réalisation d’une grande statue en marbre de Louis-Philippe en costume de sacre. Aujourd’hui, cette sculpture est conservée au Château de Versailles alors que la version en bronze est au musée des Arts Décoratifs de Paris.

Gechter a réalisé de nombreux petits groupes en bronze où l’on note la prédilection du sculpteur pour les combats entre cavaliers, saisis dans des mouvements fougueux, comme dans le groupe de Jeanne d’Arc. Gechter affectionnait particulièrement ce type de composition mouvementée où un cavalier cherche à terrasser un autre cavalier désarçonné. Ces combats sont prétextes à des études de chevaux, de mouvements et de contorsions chers aux romantiques. La figuration de l’acmé du combat est également caractéristique des sculpteurs romantiques et notamment de l’art de Gechter.

Gechter semble avoir peu vendu ses modèles à des maisons d’édition. À partir de 1841, il apparaît d’ailleurs dans l’Annuaire du Commerce en tant que bronzier et fondeur-statuaire. Il aurait donc lui-même fabriqué et signé les moules nécessaires à la fonte au sable de ses propres éditions. Il semble qu’il aurait organisé seul la fonte et la vente de ses modèles en les déposant dans des galeries de Paris, Londres, Berlin ou Dresde. Les statuettes d’édition permirent à Gechter de diffuser son art. Ces sculptures réduites aux dimensions d’un objet de décoration intérieure sont tout à fait typiques de la Monarchie de Juillet.